Tous les détails ne sont pas présents mais vous aurez une vision assez précise de cette étape clé de mes études (et de ma vie).
Le second semestre du master 1 est presque entièrement consacré au terrain et à la rédaction du mémoire. C’est spécialement pour cela que j’ai choisi ce master car je voulais partir dès la première année. Je rêvais de faire du terrain en solo pour mes études de géographie depuis l’hypokhâgne à la suite du témoignage éblouissant d’une géographe.
Le choix du terrain revient à l’étudiant.e. Sans exagération, la terre entière me fascine néanmoins, l’échelle d’un mémoire doit être beaucoup plus grande. La liste de caractéristiques établie lors de ma khûbe (3e année de prépa) est la suivante : le territoire doit faire partie d’un petit État insulaire en développement, l’importance des dynamiques régionales et l’impact de la mondialisation doivent être notables. La Caraïbe est la région que j’ai choisie car l’étude de l’équilibre entre son unité et sa fragmentation me fascine. La fragmentation linguistique entre l’espagnol, l’anglais, le français et les différents créoles ainsi que la fragmentation de statut politique entre les États indépendants et les territoires ultramarins notamment.
Son statut de sous-région de l’Amérique latine limite parfois la connaissance disponible par pays et à grande échelle dans la littérature scientifique et la documentation officielle. Mon objectif est d’accentuer le caractère régional en mobilisant les notions de coopération, d’intégration et de construction régionales. L’ensemble régional plus large englobant les Amériques n’est pas pour autant négligé. Au contraire, le sujet choisi correspond à un empilement d’échelles. Elles s’apparentent à une pile d’assiettes et je suis la serveuse qui démontre mes compétences d’équilibriste.
La Caraïbe anglophone est peu étudiée en France d’où mon choix de la Barbade. J’étais intriguée par ce pays qui, dans son histoire récente, a coupé les ponts avec la couronne britannique puis est devenu une République. Ce pays qui est si proche de la Martinique et de la Guadeloupe, collectivité et DROM français, sans entretenir de liens développés. A l’avenir j’aurais l’occasion d’étudier la thématique des territoires ultramarins dans leur contexte régional en profondeur. Cependant pour l’instant, je la croise dans le cadre de mon mémoire sur les mobilités étudiantes dans la Caraïbe. À la Barbade se situe un campus de l’une des plus grandes universités régionales d’où le choix du terrain.
Côté préparation, la langue parlée est l’anglais, ma LV1 depuis toujours, ce qui représente un avantage. Les premiers contacts établis par mails et réseaux sociaux étaient positifs. Niveau sécurité, un terrain seule me semblait totalement réalisable en vue des conseils du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Cependant, l’appréhension avant le départ était palpable pendant plusieurs semaines. L’inquiétude de mes proches grandissait. Ma famille était terrifiée, mes ami.e.s étaient impressionné.e.s. Moi, je touchais du doigt mon rêve.
« Ça y est. Je pars. »
Maëlle
9/03/25

